Visitons Dijon sous la pluie...
Au départ, l’idée est alléchante. Une visite de Dijon organisée par l’école pour 3,13 euros avec un guide, que demander de plus ? Sauf que ce 31 mai 2007, dame Nature s’est jouée de nous et soit pleurait, soit avait une très grosse envie de pipi.
Bref, rendez-vous nous est donné à 18 heures devant l’office de tourisme. 40 personnes attendent le guide. Surprise, ce dernier semblait être en pleine préadolescence. Sa voix déraillait. On aurait cru un pré pubère avant sa crise. Sympa pour les explications. Sous la pluie, un groupe très discret de 40 personnes s’enfonce dans la ville pour un grand saut dans l’Histoire. 1er arrêt : le jardin Darcy. D’après le peu que j’ai entendu, Dijon, au XIXe siècle, avait certes de l’eau, mais de l’eau frelatée. Des épidémies de choléra se succédèrent. Monsieur Darcy décida de construire un château d’eau « déguisé » en monument ainsi qu’une fontaine. Dijon fut sauvée du choléra et la ville, très reconnaissante, a conservé cette fontaine entourée d’un jardin romantique, idéal pour des photos de mariage.
Petite précision : Monsieur Darcy a contribué à ce que le ligne de chemin de fer Paris/Lyon/Marseille passe par Dijon contribuant ainsi à accroître son essor. 2ème arrêt : la porte Darcy construite en l’honneur du Prince de CONDE. Là, j’avoue que je n’ai pas beaucoup écouté d’une part à cause du bruit environnant qui couvrait la voix fluette de notre guide et d’autre part parce que j’ai reçu un coup de fil de ma coloc’. J’ai retenu que cette porte marque le début des remparts du Dijon gallo-romain et fut érigé par un certain Guillaume.
Ensuite, le guide nous a montré le Concorde, plus vieux café de Dijon ainsi que son plus vieux ciné, le Darcy. 3ème arrêt : la cathédrale de Dijon qui fut également érigée par un Guillaume. La flèche est l’une des plus hautes de France, après celle de Notre Dame de Paris qui, bien que plus petite, dépasse de quelques mètres celle de Dijon. 4ème arrêt : le poste de Dijon. Ancienne prison de la ville qui fut détruite pierre par pierre. 5ème arrêt : les Halles de Dijon construites par Eiffel sur le modèle des halles de Baltard (vous savez, 6ème arrêt : Notre Dame de Paris construite sur le même modèle que Notre Dame de Paris et la cathédrale de Reims. 3 entrées, constructions à 3 étages sauf que, l’exiguïté de la rue oblige, ND de Dijon ne pouvait être trop haute au risque de s’écrouler sur les maisons avoisinantes. Pour le reste, l’architecture de cette église présente quelques similitudes avec la cathédrale de Pise. Autre particularité : le Jacquemart. Horloge « offerte » par la ville de Courtrai ou plutôt par Philippe le Hardi, bourguignon, qui s’en empara et l’offrit à la ville en remerciement du prêt des 1.000 hommes nécessaires à son expédition punitive.
Pour la petite histoire, un poète se moqua du célibat du Jacquemart qui prit épousailles avec Dame Jacquotte. Quelques siècles plus tard, un autre poète se moqua de la stérilité du couple. Un petit Jacquelinet naquît de leurs œuvres. Plus tard, une petite sœur lui fût donnée. A noter la répartition des tâches très équitables : madame sonne tous les quart d’heures et monsieur toutes les demi heures. Faites le calcul… 7ème arrêt : 8ème arrêt : la maison de Guillaume (encore lui !) et du Guillemette (c’est qui elle ???) MILLIERE. Maison en colombage d’époque. Ancienne résidence de commerçants qui a servi de décors à Rappeneau pour son Cyrano de Bergerac. 9ème arrêt : L’hôtel de Vogüé. Ode à l’amour e aux bienfaits du mariage, monsieur offrant ce monument à sa femme adorée. Et comme dans tous les contes de fées, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… 10ème arrêt : le Palais des Ducs de Bourgogne qui abrite actuellement certains locaux de la mairie. On y trouve les tombeaux de certains ducs (des Jean, Philippe et autres. Ca change un peu de Guillaume !). Traversée du Palais et bond de quelques siècles pour se retrouver au temps de Louis XIV avec la façade de la mairie et surtout la place de 11ème et dernier arrêt : l’escalier des Etats Généraux de Bourgogne. Lieu où il fallait se montrer et où les « voici » et « public » d’antan se délectaient des cancans de la jet-set bourguignonne. Mozart, tout petit, fut invité à jouer. « Il est même mentionné aux archives municipales » nous a précisé, fièrement, notre guide. Pratiquement 2 heures, une carte de 64 MO, un jeu de piles et des pieds trempés plus tard, la visite se termine. Nous sommes transis de froid. Mon impression : Dijon est une ville au patrimoine historique et architectural très riche. Le temps paraît s’être figé. Elle est également très romantique. Bémol : les photos (que vous pouvez voir dans la catégorie « petites photos ») ne sont pas terribles. On va se refaire notre petite visite avec un grand soleil pour de magnifiques photos…